11/08/2026
Aux « ... jeunes Français couchés froids et sanglants, sur leur terre mal défendue. »

On ne peut s’intéresser à l’histoire de l’Action française, à ses idées politiques et aux grandes figures du mouvement, sans s’attacher également à ceux qui en ont constitué l’ossature militante, qu’ils soient Camelots du roi, sympathisants, ligueurs, membres de sections ou abonnés au journal. Avant guerre, l’AF disposait de plusieurs milliers de militants, répartis dans différentes organisations et disposait d’une audience majeure en France. L’AF représentait une force politique dont l’essor continu depuis sa création, aurait pu menacer le régime.
Malheureusement, cet espoir de restauration monarchique fut brisée net par l’entrée en guerre en août 1914. Mouvement nationaliste, l’Action française ne pouvait que s’engager totalement dans la défense de la Patrie, mettant en sourdine sa lutte contre le régime honni. Le journal s’engagea dans le combat moral, tandis que que les militants et sympathisants royalistes rejoignaient leurs camarades sur le front. Parmi les centaines de milliers de morts (1.400.000), l’AF eut sa part de héros et de martyrs. 2800 royalistes d’AF tombèrent au champ d’honneur. Le plus jeune à 15 ans, le plus ancien à 64 ans.
Maurras, dans son essai « Kiel et Tanger » paru en 1910 (mais écrit dès 1905), avait prophétisé « Au bas mot, en termes concrets, la faiblesse du régime doit nous représenter 500 000 jeunes Français couchés froids et sanglants, sur leur terre mal défendue ». Comme il était loin du compte.
La saignée parmi les militants d’AF fut si grande que peu auraient parié sur la survie du mouvement, les différentes sections devenant quasi inactives pendant le conflit. 2800 tués dont 80 % de cadres du mouvement ; de nombreux soldats devant poursuivre leur vie sous les drapeaux quelques temps après la victoire ; les survivants devant se réadapter à la vie civile, la priorité pour les rescapés n’était pas dans la reprise immédiate du militantisme politique. Mais le mouvement repris de plus belle et retrouva dès 1920 sa puissance d’avant-guerre, sortant même renforcée de ce conflit grâce à ses batailles contre les traitres et l’espionnage allemand, et aussi parce que le mouvement était maintenant bien inscrit dans le paysage politique français.
Le mérite de l’ouvrage « L’Action française au champ d’honneur » d’Antoine Drandre, est d’évoquer 350 royalistes qui ont participé à la victoire, en le payant souvent de leur vie. Il met aussi dans la lumière, ceux qui échappèrent miraculeusement à la camarde. Nos camarades de 14-18 eurent leur lot de distinctions, de décorations, de citations à l’ordre de l’armée, et en cela, ils ne se différencient pas de leurs valeureux compatriotes. On est touché par la ferveur patriotique de ces jeunes hommes et femmes, par leur engagement total pour la Patrie, mais aussi par leur humanité devant les horreurs de la guerre.
Voici quelque uns de ces héros qui ont permis à la France de rester française, il y a plus de cent ans. Certains sont restés célèbres pour leurs faits d’armes, leurs sacrifices, d’autres pour leurs carrières civiles ultérieures.
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les aviateurs
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Jehan Macquart de Terline. Camelot du roi (tué en 1916)
Descendant d’une nièce de Jeanne d’Arc, il est considéré comme le premier kamikaze de l’histoire de l’aviation.
« dans la matinée du 27 juillet, un avion français, piloté par le maréchal des logis De Terline, a attaqué un appareil ennemi qui survolait Châlons, Le pilote français venait d’ouvrir le feu, lorsque sa mitrailleuse s’enraya. L’ennemi prenait la fuite. Deux de nos avions virent alors le maréchal des logis De Terline foncer à toute vitesse sur son adversaire, le culbuter et l’entrainer dans sa chute. Le pilote français et les deux aviateurs allemands tombés dans nos lignes ont été tués. Le maréchal des logis De Terline avait déjà abattu deux avions ennemis et venait de recevoir la médaille militaire ».
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Charles de Tricornot de Rose. Sympathisant d'AF (tué en 1916)
Carrière militaire malmenée suite à son refus d’encadrer les inventaires de biens de l’église en 1906. Il est le père de l’aviation de chasse en France, initiateur de l’armement des avions en vue de futurs combats aériens, transformant des escadrilles de reconnaissance en escadrilles de chasse. A Verdun en 1916, Pétain lui demandera : « je suis aveugle, Rose, balayez-moi le ciel ». Il permettra aux français de contrôler le ciel de Verdun en vue de la victoire finale.
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les écrivains
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Henri Vangeon (Henri Ghéon en littérature). Sympathisant d'AF
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Ami de Gide, reviendra à la foi catholique sur le front. Cofondateur de la NRF, auteur d’œuvres sur des figures mystiques.
Les écrivains inscrits sur la stèle des écrivains morts pour la France au Panthéon
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Paul Acker (tué en 1915). Sympathisant AF
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Jean-Marc Bernard (tué en 1915). Poète dauphinois
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Albert Bretrand-Mistral (tué en 1917). Camelot du roi
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Henri Cellerier (tué en 1914). Secrétaire de Maurras
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André Dharmenon (tué en 1916). Camelot du roi
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Gabriel Eon (tué en 1915). Cadre d'AF
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Philippe Gautier (tué en 1916). Cadre d'AF
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Jacques Lavoine (tué en 1917). Ami de Psichari. Sympathisant d'AF
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Noël Trouvé (tué en 1914). Sympathisant d'AF, avocat de Maurras
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Yves de Veillchèze de la Mardière (tué en 1918). Cadre d'AF.
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Texte trouvé à sa mort dans son carnet personnel :
« En souvenir d’Yves de la Mardière
Ravi en sa jeunesse au doux monde
En expiation des erreurs d’un long siècle
Que son sang volontairement répandu
Fasse éclore
Dans un France plus belle
Des lys blancs ! »
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les religieux
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Pierre de Daran. Missionnaire (tué en 1916). Sympathisant d'AF
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Naufragé du Provence II torpillé par un sous-marin, « ...on le vit une dernière fois, sur l’avant, tête nue, donnant l’absolution générale aux malheureux qui se pressaient autour de lui ».
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Henri Donné. Prêtre (tué en 1917). Sympathisant d'AF
Brancardier, blessé de trois balles de mitrailleuses, donnera l’absolution à un camarade blessé avant de mourir.
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Henry Mansuy. Prêtre. Ligueur d’AF
Conseiller municipal lors de la visite du communiste Thorez en 1945 à Nancy, il lui adresse la lettre ouverte suivante : « je vous salue comme il est permis de saluer un déserteur qui n’a pas expié son crime ».
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Joseph Thiriet. Prêtre (tué en 1914). Sympathisant d'AF
Fusillé par les allemands. « Arraché de sa maison par l’ennemi, outragé, fusillé sans autre motif que sa ferme attitude ».
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Dames et Jeunes filles royalistes
Non-combattantes, les femmes de l’Action française ont pourtant parfois payé du prix du sang leur dévouement auprès de nos soldats.
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Yvonne Bonhomme de Montaigut
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Mettra son son château de Blanquefort pour servir d’hôpital
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Angélique de Bonnières
Hébergera un espion français dans son château de Sorval, région occupée par les allemands
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Marie Louvet (tuée en 1915)
Tuée alors qu’elle guidait un détachement français dans les Ardennes belges.
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Infirmières
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Mathilde et Henriette du Chouchet (Henriette en illustration)
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Marie de Foresta
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Mademoiselle de Kerbignac (tuée en 1915)
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Elisabeth Jalaguier (tuée en 1918), tuée au chevet de ses blessés.
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Margueritte Vialètes de Mortarieu
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Germaine Lambert de Cursay
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Antoinette de Maistre
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Geneviève et Jeanne de Maistre
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Gabrielle Marchis de La Chambre
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les sportifs
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Renaud Bernard de la Frégolière. Ligueur d’AF
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Pratiquant le bobsleigh avec des fleurs de lys sur sa machine, il est le fondateur de la fédération internationale de bobsleigh ; Président de la fédération française des sports d’hiver.
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Bertrand d’Elbée (tué en 1914). Sympathisant d'AF
Le « pelotari gentleman », membre de l’équipe nationale.
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Emmanuel Iguiniz (tué en 1914). Ligueur d’AF
Rugbyman de l’Aviron Bayonnais, vainqueur en équipe de France contre l’Angleterre en 1914.
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Tony Zind. Camelot du roi
Vainqueur des Bol d’Or moto en 1922 et 1923.
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Divers
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Lucien Audisio (tué en 1917). Sympathisant d'AF
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Compositeur, premier violoncelliste à l’Opéra.
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Marius Ardisson. Cadre d'AF
Grand-père de Thierry Ardisson.
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Pierre Baudry (tué en 1918). Camelot du roi
Camarade au front du fils de Jean Jaurès ; « il n’y avait pas de meilleurs camarades que le jeune camelot du roi et le fils du grand chef socialiste ».
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Romain Darchy. Ligueur d’AF
Futur chef de l’A.S. (Armée Secrète). Torturé et tué en 1944. Son corps n'a jamais été retrouvé.
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Raymond Dégenétais (tué en 1918). Sympathisant d'AF
« Dans la journée, il avait distribué à ses hommes, les quelques objets qu’il portait, leur disant que, sans doute, ‘’les boches l’auraient aujourd’hui, mais qu’il leur ferait payer cher sa vie’’, et, de fait, comme il était un tireur de première force, il en descendit plus de vingt, au dire d’un officier qui observait à la jumelle le résultat de son tir ». (AF, 1918)
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Gaston de Gironde (tué en 1914). Délégué du Duc d’Orléans, président d’honneur de la Ligue d’AF
« le 10 septembre 1914, à une heure du matin, les Dragons chargent : ils étaient serrés les uns sur les autres, la lance en avant. Le feu jetait des lueurs sur leurs casaques. On eût dit quelque fantasia prodigieuse. Ils semblaient terribles.[…] Soudain, une mitrailleuse les prit à bout portant et la masse d’hommes se coucha comme par la faux. Gaudin de Villaine tomba le premier. Et puis Gironde... » Henri Calloc’h de Kérillis.
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Jacques de Guigné (tué en 1915). Cadre d'AF
Père d’Anne de Guigné, déclarée Vénérable par le pape Jean-Paul II.
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Bienaimé Jourdain. Camelot du roi
Grièvement blessé au visage, la moité de sa face est mutilée. Il fondera l’Union des blessés de la face et de la tête (Gueules cassées).
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Alexandre Lockinton. Cadre d'AF
A fondé une section d’alliance d’AF à Londres.
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Bertrand de Lur-Saluces. Cadre d'AF
Administrateur du grand cru du « château d’Yquem ». Il recevra Khrouchtchev en 1960 au Comité interprofessionnel des vins.
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Charles Martel (tué en 1915). Secrétaire-trésorier des Camelots du roi
Deux jours avant de mourir, il adresse une lettre à la rédaction de l’AF : « A la hâte, je veux te dire quelques mots. Dans quelques heures, je n’aurais plus le temps. Ce jour tant désiré arrive : demain sera le plus beau jour de ma vie. Depuis hier, nos canons crachant sans interruption : cette nuit ils vont redoubler d’activité. Il fait bon être d’Action française en ces moments-là ; j’ai préparé mes hommes à cette épreuve. A présent à la grâce de Dieu ! ».
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Francisque de Maximy. Camelot du roi
Arrière grand-oncle du journaliste et animateur de télévision Antoine de Maximy.
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Jacques Quillery. Cadre d'AF
1917 : effectue un vol de 600km depuis Salonique pour bombarder la capitale bulgare, Sofia. Commandera l’aéronautique de l’armée d’Orient. Titulaire de :
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Croix de guerre avec étoile de vermeil et palme
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Sabre d’honneur de Roumanie
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Croix de guerre de Roumanie
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Médaille de chevalier de la Légion d’honneur
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Croix de guerre serbe
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Médaille de bravoure de Serbie
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Étoile de Roumanie
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plusieurs citations à l’ordre de l’armée serbe et roumaine
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Marceau Weber (tué en 1915). Sympathisant d'AF
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Enfant de troupe au 8ème bataillon de chasseurs à pied pour rejoindre son frère ligueur d’AF. Tué à 15 ans au combat de Bagatelle dans l’Argonne.
Tombeaux
Sauf à retranscrire en totalité le livre d’Antoine Drandre, dont je vous recommande l’achat (1), on ne peut citer tous les noms de ces royalistes ayant défendu la France dans ces terrifiantes batailles de 14-18. On aurait pu citer les Bertran de Balanda, Pierre David « un héro juif d’Action française » pour Maurras, le poète Jean-Marc Bernard, Octave de Barral, Léon de Montesqiuou-Fezenzac, Auguste d’Oriola, ou les quatre frères Réal del Sarte. Certains noms ont traversé l’histoire de France bien après 1918, d’autres restent des références pour toutes les générations d’Action française jusqu’à aujourd’hui.

« Demain sur nos tombeaux
Les blés seront plus beaux, serrons nos lignes
Nous aurons cet été
Du vin aux vignes, avec la royauté. »
(1) https://www.librairie-de-flore.fr/produit/laction-francaise-au-champ-dhonneur-tome-i-et-ii/
19:13 Publié dans Textes fondamentaux (Fais marcher ton neurone !) | Lien permanent | Commentaires (0)
17/05/2019
Le crime qui n'existait pas
J'ai 27 années d'activité dans la prestation de service informatique derrière moi. J'ai passé des mois dans des entreprises comme TF1, Nestlé, LU, La Française des Jeux, Hermès, Renault, la BRED... dans des usines, des directions de services informatiques ou de marketing et je n'ai jamais vu ou entendu parlé d'incidents liés à ce que met en avant cette journée. Je ne dis pas que cela n'existe pas, je dis que cela reste à mon avis très anecdotique. Je dirais même qu'au contraire, les personnes ouvertement homos dans les entreprises, bénéficient plutôt d'une forme de bienveillance de la part du reste des employés et les ras-du-front que ça énerverait, restent plutôt discrets dans leurs réactions. J'ai parfois travaillé avec des homos et je n'en ai pas vu qui semblaient harcelés. Imaginer que des homos soient clairement discriminés en masse par leur hiérarchie à cause de leur orientation sexuelle est improbable.
Nous sommes ici dans une opération supplémentaire visant à mettre en avant dans la société les orientations non-hétérosexuelles
https://www.linkedin.com/pulse/lhomophobie-dans-lentreprise-doit-%C3%AAtre-condamn%C3%A9e-de-saint-sernin?trk=eml-email_feed_ecosystem_digest_01-recommended_articles-3-Unknown&midToken=AQHKXu6RgqeoPg&fromEmail=fromEmail&ut=1r_odOSqxxfoM1
10:42 Publié dans On nous prend pour des c.. | Lien permanent
27/07/2018
Alexandre Benalla ou Incitatus en Macronie
Rassurons tout de suite le bourgeois apeuré, nous ne sommes pas à la veille d’un 6 février fâchiste ou d’un Grand Soir bolchévique, mais ce qui se passe en Macronie tend à prouver que le système républicain est bien à bout de souffle. Le Sauveur qui devait réformer ce système vérolé d’une cinquième république putassière, vient de se prendre les babouches dans le tapis de prière.
Le scandale Benalla au-delà de son côté grand-guignolesque, vient de mettre en évidence,
- L’existence d’une officine tenue par des pieds-nickelés qui trainent en bande, déguisés en CRS pour chasser du manifestant (assez maladroitement, vu les images, d’ailleurs),
- Un adjoint du chef de cabinet d'Emmanuel Macron (le Benalla en question) qui obtient d’immenses responsabilités en un temps record, qui cumule un grand nombre de privilèges (brassard de CRS, voiture équipée des derniers équipements de police, port d’arme accordé par Macron après plusieurs refus, logement de fonction prestigieux quai Branly, soit l’ancienne résidence d'Anne et de Mazarine Pingeot sous François Mitterrand) et qui bénéficie de la plus grande mansuétude pour des fautes commises. Dernière révélation en date, Benalla disposait de l’habilitation « secret défense » (ce qui s’expliquerait officiellement par sa présence quasi permanente auprès du Gauleiter provisoire délégué par l’Europa Reich).
- Un secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, délégué général de La république en marche (LREM), le rebelle Christophe Castaner, qui se fout ouvertement des français, affirmant que Benalla était en charge des bagages des joueurs de l’équipe de France de foot (à 10 000€ mensuels quand même. Ça va créer des vocations).
- Un ministre de l’intérieur qui n’a rien vu, rien entendu… et qui balance la patate chaude vers l’Elysée et le Préfet de police… Gone with the wind (jeu de mot lyonnais) …
- Un Président absent médiatiquement (il doit se faire sacrément violence), qui laisse ses troupes prendre les coups et se ridiculiser à sa place. Abandonnant l’idée de s’abaisser à rencontrer le bas-peuple sur le Tour de France (peur de la lapidation ?), il s’est pointé hier soir au pot de fin de session de LREM et du MoDem pour se draper dans ses habits de « Responsable », alors que l’Institution républicaine le protège de toute poursuite éventuelle. Peut-être croit-il avoir rencontré le pays réel ce soir-là…
- Enfin, une commission d’enquête parlementaire dont les premiers retours semblent confirmer que tout se passe à l’insu du plein gré des différents responsables de notre sécurité, soit Collomb ministre de l’intérieur et Delpuech préfet de police de Paris (qui « ne sait pas qui lui a fourni une radio et un brassard »)
Au-delà des différents mensonges et énormités proférées par la caste dirigeante temporaire, avec le plus grand cynisme souvent et au-delà de ce triste spectacle qu’offre ce gouvernement et les députés LREM au monde entier, il convient de dégager de tout ce fatras, quelques sujets qui « posent question ».
Ascenseur pour Mignons
Comment Benalla a-t-il pu gravir autant d’échelons aussi rapidement, alors qu’il avait déjà quelques casseroles et que certains responsables bien informés ne recommandaient pas spécialement ses compétences, le considérant même comme un cowboy en manque d’adrénaline ?
Comment a-t-il pu devenir Lieutenant-Colonel de réserve à 26 ans (aux dernières nouvelles, ce grade n’était que provisoire pour lui permettre de causer à égalité de rang avec de vrais gradés. Ce qui n’explique pas totalement le côté TGVesque de cet avancement) ?
On pourra toujours expliquer cette rapide ascension par la simple volonté d’un Prince-Président dans la grande tradition de la France républicaine. Sauf que dans sa profession de foi de 2017, la Macronie vertueuse affirmait justement vouloir en finir avec ces pratiques et ces coutumes traditionnelles de cinq républiques de plus en plus bananières.
Mais pourquoi, lui, précisément LUI ? La vérité des relations Macron-Benalla apparaitra-t-elle au grand jour à cause de cette action, hélas filmée, place de la Contrescarpe ? Il y a quelques ombres qu’il conviendrait d’estomper faut de quoi, de terribles rumeurs pourraient se renforcer. On apprend ainsi que le cerbère macronien disposait des clefs du Paradis des tourtereaux élyséens, à savoir celles de la villa du Touquet. Dormait-il au pied du lit dans cette activité de protection rapprochée ?
Sans tomber dans un conspirationnisme de bas-étage, que penser de ce site qui promettait 5000$ de récompense à qui prouverait l’homosexualité du candidat en 2017 ? (NB : Sa Magnificence aurait dit ceci hier soir, mais nous peinons à croire que ceci est véritablement une parole présidentielle : « Alexandre Benalla n’est pas mon amant ». Comme une envie de tirer l’échelle…).
Incitatus 2018
Rarement vu également dans les hautes-sphères de la Vème, il suffisait à Benalla de montrer sa trogne de barbouze du bled pour tétaniser les plus hautes autorités, au point de le laisser faire joujou avec sa panoplie de CRS et de s’adonner aux joies du matraquage. Comment Benalla a-t-il pu s’imposer à tant de gradés lors d’opérations de sécurisation, allant parfois à l’encontre des ordres du Préfet ? Mais où étaient les consignes ? Où étaient les ordres écrits l’autorisant à exercer avec autant de pouvoir ? Etre le lieutenant-colonel missi dominici de la Présidence et presque Sous-Préfet dit-on, semble avoir pétrifié les plus hauts responsables militaires et policiers. L’idée d’être dans les petits papiers du bodyguard chérifien laissait peut-être aussi espérer une accélération rapide d’une carrière tristement vouée à une promotion à l’ancienneté.
Beaucoup de pouvoir pour un seul homme, tout de même… Macron aurait-il lu Suétone ?
Vopos made in France
Cette affaire met également à la vue de tous, l’existence d’une officine au sein de l’exécutif, officine ne dépendant que du Maitre temporaire des lieux. A vrai dire, personne ne saurait douter de l’existence de telles boutiques dans les sphères de la Présidence, sauf à être naïf comme une oie blanche. Tout pouvoir peut prétendre à sa police parallèle et à des spadassins, à condition d’être employée au bien commun et à la préservation des intérêts du pays. Pas à permettre à des Fouché de hammam de se comporter comme des Vopos contre nos concitoyens (Vopos : membres de la police nationale d'Allemagne de l'Est, pour celles zé ceux nés après la chute du mur de Berlin).
La brusque exposition médiatique de cette phalange et la piètre qualité des apprentis barbouzes qui la compose, sont révélateurs d’un délitement du pouvoir en France. Le SAC, jusqu’à sa déchéance qui mènera à la tuerie d’Auriol, était aussi efficace que craint, mais était surtout discret (combattu aussi par les nationalistes, mais cela est une autre histoire). Aujourd’hui, nous avons le sentiment que les affaires de police sont confiées à une bande de guignols venus des anciennes ZUS, ces territoires perdus de la république.
Foccart et Debizet avaient inspiré le SAC, Cyril Hanouna et Yassine Belattar inspirent Benalla… La France fait rire dans les soirées du FSB et du FBI.
L’ami de mon garde du corps est-il mon ami ?
Ce qui à titre personnel m’ébaudi le plus, c’est que nous avons à la tête de cette barbouzerie de comptoir, un ambitieux dont le carnet d’adresse révèle certains noms qui ne fleurent pas spécialement la probité intellectuelle ou l’amour inconditionnel de la Patrie. Tel ce Karim Achoui, avocat radié du barreau de Paris pour manquements déontologiques et fondateur de la « Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) ». Radié qui affirme que Benalla « était très sensible à la cause musulmane » et à la Ligue. Nous aimerions savoir jusqu’où allait sa sensibilité à la cause musulmane. Je crains qu’il ne faille pas trop compter sur l’enquête pour creuser dans cette direction.
Au-delà de l’affaire du moment, on pourra s’étonner que dans ce cercle restreint autour du Président, gravitent des personnes en lien avec des individus potentiellement dangereux pour la France. Ainsi l'ex-garde du corps d'Emmanuel Macron, Makao, était-il en relation avec le fameux Jawad Bendaoud, comique involontaire des réseaux sociaux, condamné en 2008 pour avoir tué avec un couperet son meilleur ami et accessoirement logeur des terroristes ayant perpétré les attentats du 13 novembre 2015.
Achoui, Bendaoud. Cela fait déjà beaucoup de liaisons louches en lien indirect avec la Présidence. Des malveillants pourraient-ils espérer atteindre le plus haut niveau de l’Etat pour y chercher de l’information sensible en lien avec le terrorisme islamique ?
Cette porosité entre un personnel de l’Elysée très proche du Président et certaines personnes dont les liens avec l’affairisme et le terrorisme est-elle inquiétante ? Faut-il imaginer que certains groupes terroristes pourraient bénéficier de cette proximité ? Cela laisse rêveur dans un pays qui compte près de 250 victimes du terrorisme islamiste depuis 2015 (prenons vite notre pilule de Conspirationel 250mgr, je sens la crise arriver !).
Royales vérités
Ne sachant pas encore quels seront les conséquences de cette affaire Benalla, nous pouvons affirmer une fois de plus que ce système politique permet à des médiocres de graviter dans les très hautes sphères de l’état. A des médiocres, voire à des ennemis de la France. Et dans ce cas présent, on imagine que l’affiliation de Benalla à la Grande Loge Nationale de France, n’a pas dû être un frein à sa carrière…
A l’Action française, nous parlions du parti de l’étranger pour qualifier ceux qui directement ou indirectement, travaillaient pour l’ennemi. En 2018, le parti de l’étranger a un nom, La République En Marche et un chef, Emmanuel Macron.
Ainsi qu’une organisation, la République elle-même.
C’est pourquoi nous ne cesserons de crier « vive le roi ! ».
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07/07/2018
CMRDS/Université d’Été 2018 150 nuances de Maurras : des repères pour le XXIe siècle

11:42 Publié dans Textes fondamentaux (Fais marcher ton neurone !) | Lien permanent | Commentaires (0)
23/08/2017
« Allo Rome ? on a un problème... »
Le pape François : “La sécurité des migrants passe toujours avant la sécurité nationale”
L'état est le garant (en principe) et le premier responsable de la liberté et de la sécurité des citoyens dont il a la responsabilité à la tête d’une nation.
Prétendre s'affranchir de cette tutelle au nom d'un angélisme béat et d'une vision doucereuse du problème migrant, est une erreur criminelle. Imbibé de sentimentalisme et presque exclusivement tourné vers ceux qui souffrent (oui, les migrants souffrent, pour une partie d’entre eux), le locataire provisoire au Vatican en oublie les principes qui organisent la vie des hommes sur terre.
Les migrants dont parle le Pape François, n'ont rien de commun avec les pauvres et les miséreux que l'évêque Bergoglio aidait à Buenos Aires. Le migrant de 2017 n’est pas l’italien ou l’espagnol des années 30, citoyen politisé fuyant un régime attentatoire à sa liberté. Le migrant de 2017 n’est pas le boat people de 1975 fuyant un régime communiste concentrationnaire. Le migrant de 2017 est plutôt un oiseau de proie venant se payer sur la bête, cet Occident opulent et aux femmes si désirables.
Ne pas voir dans les troupes débarquant sur les côtes européennes des rapaces fondant sur nos sociétés emplies de richesses, est d’une bêtise consommée. Et pour certains de ces échoués, on peut y voir l’avant-garde des troupes islamistes, quelques exemples récents venant à l’appui de cette idée. Ce sentimentalisme crétin, qui exige de notre part dons et largesses, rend certains édiles totalement aveugles et inconscients, quand à la qualité de personnes que l’on n’a pas franchement invité à notre table. On a d’ailleurs pu voir comment ils savent nous remercier, exigeant encore davantage de notre part : la nourriture n’est pas au niveau d’exigence souhaitée (et peut-être même pas hallal, salauds !) ; des logements (neufs) pas convenables, où l’on doit dormir à deux ou trois dans un 20m². Bref, le bagne, à la limite du Vel d’hiv … Évidemment, personne n’aura songé non plus à fournir à nos pauvres hères d’accortes créatures destinées à leur faire oublier l’éloignement de la mère patrie et la frustration de ne plus être près de leurs chères Fatima. En plus de l’éloignement, on y a joute la misère sexuelle. Impardonnable.
La seconde erreur, tout aussi criminelle, réside dans la remise en cause par François de l'autorité des états sur les citoyens, via un discours mettant au-dessus de la sécurité nationale l’individu, qu’il fut miséreux ou non, exogène ou pas. Mais une fois de plus, il n’est nullement pris en compte l’intérêt des populations qui voient arriver dans leurs communes des dizaines d’émigrés, au risque d’en bouleverser la tranquillité (je ne parle même pas de l’absence de consultation des administrés). L'universalisme chrétien ne peut et ne doit pas s'opposer aux différentes souverainetés qui régissent les nations du monde. S'en affranchir dans des discours idiotement moralisateurs ou d’une détestable sensiblerie, c'est prendre le risque de saboter le socle institutionnel qui protège les citoyens, quel que soit la nature du régime en place. Surtout quand le migrant est le symbole même de l’individu détaché de tout, de l’intérêt pour sa patrie d’origine et de ses frères, tout particulièrement. Ne préfère t’il pas abandonner femmes et enfants dans un pays en guerre au lieu de les défendre et de défendre sa patrie face à la barbarie islamiste ?
Diffuser un message donnant priorité absolue à l’individu pour des questions purement et bassement matérielles, c’est fragiliser l’idée même d’état, en refusant à ce dernier la liberté de gestion des populations qui vivent sur le sol des nations.
Le Pape François aurait-il oublié qu’il est lui-même chef d’état ?
00:18 Publié dans Qu'on les fasse taire. Ils sont devenus fous ! | Lien permanent | Commentaires (0)
12/07/2017
The Show Must Go On
Un « ancien » grand espoir du motocross français vient de trouver la mort en exerçant sa passion, lors d’une course du championnat de France. Steven Lenoir avait 25 ans.
Ceux qui pratiquent le MX connaissent parfaitement les dangers de cette discipline et peu d’entre nous auront échappé à des blessures. Peu graves en général : clavicules endommagées, diverses fractures aux tibias ou aux cotes, des poignets cassés. Un peu de plâtre, de la rééducation et on remonte sur la selle.
Mais dans de très rares cas, lors d’un choc ou d’une torsion trop importante sur le cou, la moelle épinière peut être touchée, entrainant alors une paralysie des membres inférieurs, voire une tétraplégie. Quelques grands champions en furent victime et sont aujourd’hui en chaise roulante. On pense au champion belge Joël Roelants ou à ce grand fada de Danny "Magoo" Chandler, hélas décédé depuis.
Ce risque est assumé et totalement intégré à notre passion. Malgré les immenses progrès réalisés en matière de protection, au niveau des cervicales notamment, le corps d’un pilote reste très exposé en cas de chute.
Un décès en course ou en entrainement, reste par contre excessivement et heureusement rarissime. C’est pourquoi le décès de Steven Lenoir est durement ressenti par notre communauté, même si nous savons tous, quel que soit notre niveau de pilotage, que le pire peut toujours arriver.
Quand la peur n’entame pas la passion
Nous avons tous eu des peurs rétrospectives après une chute ou un accrochage. On passe alors de longues minutes sur la piste à récupérer, le souffle coupé, vérifiant que tous nos membres sont encore en fonction. On s’inquiète ensuite de sa pauvre bécane bien mal en point, gisant comme un cheval blessé et agonisant.
Cette fois c’est sûr, cette gamelle sera la « der des der ». La tôle qu'on vient de prendre est sûrement un signe du Très-Haut, un message de Sainte Gamelle, un avertissement sans frais de notre ange-gardien. Bref, il est grand temps de "raccrocher les crampons".
Mais après quelques minutes, les esprits à peu près retrouvés, on redresse la moto, on la redémarre en s'épuisant sur le kick et on se remet à rouler doucement vers le paddock. Une fois les potes retrouvés et rassurés sur notre sort, on raconte sa mésaventure en bombant le torse, avec des propos de la plus grande mauvaise foi possible ("chuis dég’, j'allais claquer un chrono d'enfer... j'étais relax en plus… j'allais tous vous pourrir !"). Complices, les copains se marrent et entrent dans ton jeu ("ouais, pas mal ta chute, j'étais derrière toi, j'ai bien apprécié le salto. Grâce à ma GoPro, tu seras sur YouTube ce soir !"). On est fait du même bois.
Une fois les neurones à peu près correctement réactivés, on refait le plein de sa moto, on enfile son casque après un baiser à sa belle (et à la moto aussi) et on repart sur la piste, histoire de ne pas laisser le moindre doute aux copains quant à sa capacité à se remettre de cette chute d’anthologie. Jambes chancelantes et mains tremblantes, mais on se doit de faire bonne figure.
Un crossman est fier et le Joe Bar Team existe vraiment.
Au-delà de la souffrance et de la peur
Vu de l’extérieur, on aura du mal à comprendre cette prise de risque dans les sports mécaniques, particulièrement en moto, que ce soit en cross ou en vitesse.
Mais il faut avoir goûté à ces sensations intenses que vous apportent le pilotage de ces engins, quand votre poignet droit libère des chevaux qui vous arrachent les bras et que tout votre corps encaisse les vibrations du moteur et les trous de la piste. Quand, d'une impulsion sur les cale-pieds, vous vous envolez pour sauter vers les cieux. Quand vous taxez votre pote au freinage grâce à un petit blockpass (*) viril mais correct, un petit rictus aux lèvres. Quand, à l'accélération, vous tentez de maitriser le dérapage et le cabrage de cette moto finalement beaucoup trop puissante pour vos petits bras de gratte-papier. Quand enfin, vous réussissez à mettre minables vos camarades dans cette course dominicale, en arrivant premier et en leur faisant l’affront de les attendre sur la ligne d’arrivée, le casque négligemment posé sur le guidon, avec cet air détaché et dominateur (alors qu’en fait, vous cherchez encore à savoir par quel miracle vous avez pu gagner).
Mais, si par déveine vous arrivez dernier de cette course, il y aura plein de raisons tout à fait valables qui expliqueront ce mauvais résultat : faux points morts à répétition, commissaire de piste oubliant d’agiter ses drapeaux, licorne suicidaire traversant la piste… Cela ne remettra aucunement en doute votre aisance au guidon et votre don du pilotage.
Le Joe Bar Team est aussi de mauvaise foi. Sachez-le.
A l’arrivée de cette plaisante compétition, vos bras et vos cuisses vous brûlent et vous tétanisent. Descendre de la moto est un supplice, votre souffle est aux abonnés absents, votre sueur imprègne vos vêtements et ruisselle sur votre peau rougie par l’effort. Mais vous êtes heureux. Heureux de cette baston. Premier ou dernier, on est gagnant à tous les coups de toute façon, tant on prend plaisir à ces arsouilles.
Quelque peu déçu du résultat tout de même, vous envisagez alors de vous mettre au régime et à la musculation en semaine, histoire de maximiser vos chances de ridiculiser enfin vos potes. En attendant, il est grand temps de se rafraichir et de savourer cette binouze au frais dans la glacière.
Quand la raison tue la passion
Un jour pourtant (et c’est du vécu), vous faites LA chute. La Grandiose, la Monumentale, le plongeon tragique, le saut de la mort, l’envol stylé (ou pas) qui vous fait entrapercevoir les ailes des anges, la culbute qui vous fait comprendre que vous êtes passés cette fois tout près du clap de fin.
Conscient du petit miracle qui s’est opéré, vous trouvez alors pleins de fausses raisons pour ne pas remonter sur votre brêle. Trop onéreux à entretenir ; pas le temps à cause du boulot ; météo exécrable, copine qui râle de devoir nettoyer vos bottes chaque dimanche…bref, vous finissez par laisser Suzie au repos dans le garage prendre la poussière (oui, je l’appelais Suzie la mienne. Pas très original, mais vu que c’était une Suzuki…poussin aurait été possible aussi, vu sa couleur jaune canari. Mais madame aurait râlé). Bref, vous abandonnez lâchement la pratique, remisant honteusement vos affaires dans un coin du garage. Tout juste si vous n’évitez pas de regarder la belle abandonnée quand vous passez à côté, honteux que vous êtes.
Puis, un jour, un de vos anciens partenaires de jeu se désolant de voir ainsi délaissé votre destrier, se proposera de vous la racheter. Le cœur brisé, vous verrez partir votre chère Suzie loin de son box. L’imaginer hurlant de plaisir dans les bras d’un autre, vous crucifie d’avance.
Champion par procuration
Mais la passion est un virus en sommeil, qui, répandu dans toutes les fibres de votre corps, ne demande qu’à se réactiver. Vous continuerez donc à vous rendre sur les Grands-Prix pour voir vos idoles, en France ou dans les pays limitrophes, plus loin encore si les finances suivent. Vous ne manquez aucun des Supercross de Paris-Bercy. Ces rendez-vous sont aussi le moyen de retrouver des potes (et peut-être de prendre des nouvelles de Suzie). Vous vous abonnez même au câble, uniquement pour le simple motif de suivre l’intégralité de la saison.
Pilote à la retraite, vous devenez alors spectateur, mais avec le petit truc en plus qui fait toute la différence : vous êtes toujours ce pilote dans votre tête, cet espoir promis à un avenir fait de victoires, de coupes et de Champagne, mais dont la carrière s’est évidement trop vite arrêtée. Et puis un jour, vous apprendrez que ce pote d’enfance que vous battiez régulièrement dans vos courses dominicales est devenu champion de sa ligue et qu’il fera bientôt le championnat de France. Vous vous persuaderez alors d’avoir raté une carrière glorieuse. Un titre de champion du monde était probablement à votre portée.
L’ancien pilote que vous êtes, ressent devant son écran plat ou dans le chaudron de Bercy, ce que ressentent les pilotes professionnels dans la fureur et l’intensité des courses. Chaque saut, chaque bosse, chaque dérapage est l’occasion de vivre à l’unisson de ces pilotes. Vous savez apprécier la façon dont telle ou telle pointure enquille ce passage si délicat. Ne faisiez-vous pas la même chose avant… 15km/h moins vite, il va de soi. Vous n’êtes pas seulement spectateur d’une course, vous la vivez et ce sont vos muscles qui souffrent, c’est votre poignet droit qui envoie les gaz, ce sont vos doigts qui saisissent violement le frein. Vous en arrivez à critiquer tel ou tel pilote qui ne saute pas cette fichue bosse ou qui ne prend pas la bonne trajectoire qui lui ferait pourtant gagner une bonne seconde par tour. Qu’il soit triple champion du monde ne compte évidemment pas. Pour le coup, vous êtes presque aussi fatigué que le pilote à la fin de la course !
En motocross, amateurs et professionnels vivent une proximité que l’on ne retrouve pas dans les disciplines de vitesse. Nous pilotons les mêmes machines (à quelques onéreux détails près), nous portons les mêmes protections, les mêmes fringues et nous pouvons rouler ensemble sur les mêmes pistes aux entrainements. Il est donc facile de s’identifier aux meilleurs pilotes mondiaux et c’est cette proximité qui donne ce caractère si particulier à notre passion. Quant aux motos, celles que l’on appelle « motos d’usines » car réservées à l’élite, elles sont en général déclinées l’année suivante en modèles de série, moto que n’importe qui pourra acheter (ou voler, si tu habites en ZUP…wesh cousin).
En cross, c’est avant tout le pilote qui fait la différence (en Formule 1, donnez la meilleure voiture à une chèvre, elle gagnera). Lors des « courses inter » (donc hors championnats), un bon pilote de niveau national peut ainsi se retrouver sur la même ligne de départ en compagnie d’un multiple champion du monde et pourra avoir la chance de se bagarrer avec lui. Peut-être même de progresser en pilotage, en étudiant de près ses trajectoires, sa façon de sauter, de freiner... Seul stress pour le pilote, éviter la bévue, la boulette, l’erreur de pilotage qui enverra au tapis le champion, au risque de le blesser et de ruiner sa saison. Ça c’est la honte absolue.
Alors, comme spectateur d’une course, cette proximité fait que lors d’une chute, vous pouvez juger sur l’instant de sa gravité. Je me souviens de ce Bercy il y a quelques années, où la salle emplie de cris et d’encouragements, agitée de drapeaux, les cornes de brumes hurlantes, devint en quelques secondes muette et tétanisée à la vue de la chute d’un pilote. Un pilote japonais de mémoire. 12 000 personnes, quasiment 12 000 pilotes en fait, savent sur l’instant que le pauvre gars ne remarcherait probablement plus jamais. Le public, d’un seul coup muet de stupeur, voit que sur la piste on prend mille précautions pour évacuer le blessé, avant de remettre en place les différentes protections sur la piste pour que les courses reprennent. Parce que oui, « the show must go on ». Tous savent, pilotes ou spectateurs, qu’il y a un prix à payer, que Sainte Gamelle réclame son dû de temps en temps. Le prix de la passion.
Le sacrifice des Princes de la moto
Le sport moto est une activité à haut risque depuis toujours. Entre les années 50 et 80, pour ne parler que de l’époque moderne de la vitesse moto, bien des pilotes succombèrent en piste. Parfois même plusieurs dans une même course, tels Renzo Pasolini et Jarno Saarinen à Monza en 1973. Christian Sarron, le « petit prince de la moto » à l’époque du « Continental Circus », racontait qu’à chaque départ il se demandait lequel de ses copains sur la grille de départ ne s’en sortirait pas vivant. Les français auront d’ailleurs payé un lourd tribu dans les années 80, quand ils commencèrent à devenir de sérieux compétiteurs au niveau mondial. Après Christian Ravel en 1971, ce sont Patrick Pons, Olivier Chevallier, Michel Rougerie, Christian Léon et quelques autres, qui tombèrent en course ou en essai. Il faut regarder le docu-film « le cheval de fer » de Pierre-William Glenn (1975), pour réaliser combien la mort rode et côtoie les pilotes. Patrick Pons déclara un jour à un journaliste qui prenait de ses nouvelles à l’issue d’une course, « je vais bien, je suis toujours vivant ». Pons, vrai titi parisien, devait d’ailleurs lui aussi tomber au champ d’honneur en 1980 sur la mythique piste de Daytona, l’année qui suivi son éclatante victoire sur la piste mythique de Floride.
Alors quand décède un champion comme Steven Lenoir, ou un amateur éclairé comme Florian Salles à Saint-Cyr-de-Salerne en avril dernier, pilotes actifs ou anciens pilotes, amateurs ou professionnels, tous sont durement affectés, comme on peut l’être dans une famille dont un des membres vient de partir. Nous sommes tous logés à la même enseigne, les prises de risques sont les mêmes, nos corps sont pareillement exposés, nos chutes sont les mêmes. Les blessures aussi.
Pourtant cette semaine, nous préparerons notre équipement pour être le beau sur la piste dimanche prochain, à défaut d’être le plus rapide.
17:30 Publié dans Y a pas que la politique dans la vie, non mais ! | Lien permanent | Commentaires (0)


