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12/07/2017

The Show Must Go On

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Un « ancien » grand espoir du motocross français vient de trouver la mort en exerçant sa passion, lors d’une course du championnat de France. Steven Lenoir avait 25 ans.

Ceux qui pratiquent le MX connaissent parfaitement les dangers de cette discipline et peu d’entre nous auront échappé à des blessures. Peu graves en général : clavicules endommagées, diverses fractures aux tibias ou aux cotes, des poignets cassés. Un peu de plâtre, de la rééducation et on remonte sur la selle.

Mais dans de très rares cas, lors d’un choc ou d’une torsion trop importante sur le cou, la moelle épinière peut être touchée, entrainant alors une paralysie des membres inférieurs, voire une tétraplégie. Quelques grands champions en furent victime et sont aujourd’hui en chaise roulante. On pense au champion belge Joël Roelants ou à ce grand fada de Danny "Magoo" Chandler, hélas décédé depuis.

Ce risque est assumé et totalement intégré à notre passion. Malgré les immenses progrès réalisés en matière de protection, au niveau des cervicales notamment, le corps d’un pilote reste très exposé en cas de chute.

Un décès en course ou en entrainement, reste par contre excessivement et heureusement rarissime. C’est pourquoi le décès de Steven Lenoir est durement ressenti par notre communauté, même si nous savons tous, quel que soit notre niveau de pilotage, que le pire peut toujours arriver.

Quand la peur n’entame pas la passion

Nous avons tous eu des peurs rétrospectives après une chute ou un accrochage. On passe alors de longues minutes sur la piste à récupérer, le souffle coupé, vérifiant que tous nos membres sont encore en fonction. On s’inquiète ensuite de sa pauvre bécane bien mal en point, gisant comme un cheval blessé et agonisant.

Cette fois c’est sûr, cette gamelle sera la « der des der ». La tôle qu'on vient de prendre est sûrement un signe du Très-Haut, un message de Sainte Gamelle, un avertissement sans frais de notre ange-gardien. Bref, il est grand temps de "raccrocher les crampons".

Mais après quelques minutes, les esprits à peu près retrouvés, on redresse la moto, on la redémarre en s'épuisant sur le kick et on se remet à rouler doucement vers le paddock. Une fois les potes retrouvés et rassurés sur notre sort, on raconte sa mésaventure en bombant le torse, avec des propos de la plus grande mauvaise foi possible ("chuis dég’, j'allais claquer un chrono d'enfer... j'étais relax en plus… j'allais tous vous pourrir !"). Complices, les copains se marrent et entrent dans ton jeu ("ouais, pas mal ta chute, j'étais derrière toi, j'ai bien apprécié le salto. Grâce à ma GoPro, tu seras sur YouTube ce soir !"). On est fait du même bois.

Une fois les neurones à peu près correctement réactivés, on refait le plein de sa moto, on enfile son casque après un baiser à sa belle (et à la moto aussi) et on repart sur la piste, histoire de ne pas laisser le moindre doute aux copains quant à sa capacité à se remettre de cette chute d’anthologie. Jambes chancelantes et mains tremblantes, mais on se doit de faire bonne figure.

Un crossman est fier et le Joe Bar Team existe vraiment.

Au-delà de la souffrance et de la peur

Vu de l’extérieur, on aura du mal à comprendre cette prise de risque dans les sports mécaniques, particulièrement en moto, que ce soit en cross ou en vitesse.

Mais il faut avoir goûté à ces sensations intenses que vous apportent le pilotage de ces engins, quand votre poignet droit libère des chevaux qui vous arrachent les bras et que tout votre corps encaisse les vibrations du moteur et les trous de la piste. Quand, d'une impulsion sur les cale-pieds, vous vous envolez pour sauter vers les cieux. Quand vous taxez votre pote au freinage grâce à un petit blockpass (*) viril mais correct, un petit rictus aux lèvres. Quand, à l'accélération, vous tentez de maitriser le dérapage et le cabrage de cette moto finalement beaucoup trop puissante pour vos petits bras de gratte-papier. Quand enfin, vous réussissez à mettre minables vos camarades dans cette course dominicale, en arrivant premier et en leur faisant l’affront de les attendre sur la ligne d’arrivée, le casque négligemment posé sur le guidon, avec cet air détaché et dominateur (alors qu’en fait, vous cherchez encore à savoir par quel miracle vous avez pu gagner).

Mais, si par déveine vous arrivez dernier de cette course, il y aura plein de raisons tout à fait valables qui expliqueront ce mauvais résultat : faux points morts à répétition, commissaire de piste oubliant d’agiter ses drapeaux, licorne suicidaire traversant la piste… Cela ne remettra aucunement en doute votre aisance au guidon et votre don du pilotage.

Le Joe Bar Team est aussi de mauvaise foi. Sachez-le.

A l’arrivée de cette plaisante compétition, vos bras et vos cuisses vous brûlent et vous tétanisent. Descendre de la moto est un supplice, votre souffle est aux abonnés absents, votre sueur imprègne vos vêtements et ruisselle sur votre peau rougie par l’effort. Mais vous êtes heureux. Heureux de cette baston. Premier ou dernier, on est gagnant à tous les coups de toute façon, tant on prend plaisir à ces arsouilles.

Quelque peu déçu du résultat tout de même, vous envisagez alors de vous mettre au régime et à la musculation en semaine, histoire de maximiser vos chances de ridiculiser enfin vos potes. En attendant, il est grand temps de se rafraichir et de savourer cette binouze au frais dans la glacière.

Quand la raison tue la passion

Un jour pourtant (et c’est du vécu), vous faites LA chute. La Grandiose, la Monumentale, le plongeon tragique, le saut de la mort, l’envol stylé (ou pas) qui vous fait entrapercevoir les ailes des anges, la culbute qui vous fait comprendre que vous êtes passés cette fois tout près du clap de fin.

Conscient du petit miracle qui s’est opéré, vous trouvez alors pleins de fausses raisons pour ne pas remonter sur votre brêle. Trop onéreux à entretenir ; pas le temps à cause du boulot ; météo exécrable, copine qui râle de devoir nettoyer vos bottes chaque dimanche…bref, vous finissez par laisser Suzie au repos dans le garage prendre la poussière (oui, je l’appelais Suzie la mienne. Pas très original, mais vu que c’était une Suzuki…poussin aurait été possible aussi, vu sa couleur jaune canari. Mais madame aurait râlé). Bref, vous abandonnez lâchement la pratique, remisant honteusement vos affaires dans un coin du garage. Tout juste si vous n’évitez pas de regarder la belle abandonnée quand vous passez à côté, honteux que vous êtes.

Puis, un jour, un de vos anciens partenaires de jeu se désolant de voir ainsi délaissé votre destrier, se proposera de vous la racheter. Le cœur brisé, vous verrez partir votre chère Suzie loin de son box. L’imaginer hurlant de plaisir dans les bras d’un autre, vous crucifie d’avance.

Champion par procuration

Mais la passion est un virus en sommeil, qui, répandu dans toutes les fibres de votre corps, ne demande qu’à se réactiver. Vous continuerez donc à vous rendre sur les Grands-Prix pour voir vos idoles, en France ou dans les pays limitrophes, plus loin encore si les finances suivent. Vous ne manquez aucun des Supercross de Paris-Bercy. Ces rendez-vous sont aussi le moyen de retrouver des potes (et peut-être de prendre des nouvelles de Suzie). Vous vous abonnez même au câble, uniquement pour le simple motif de suivre l’intégralité de la saison.

Pilote à la retraite, vous devenez alors spectateur, mais avec le petit truc en plus qui fait toute la différence : vous êtes toujours ce pilote dans votre tête, cet espoir promis à un avenir fait de victoires, de coupes et de Champagne, mais dont la carrière s’est évidement trop vite arrêtée. Et puis un jour, vous apprendrez que ce pote d’enfance que vous battiez régulièrement dans vos courses dominicales est devenu champion de sa ligue et qu’il fera bientôt le championnat de France. Vous vous persuaderez alors d’avoir raté une carrière glorieuse. Un titre de champion du monde était probablement à votre portée.

L’ancien pilote que vous êtes, ressent devant son écran plat ou dans le chaudron de Bercy, ce que ressentent les pilotes professionnels dans la fureur et l’intensité des courses. Chaque saut, chaque bosse, chaque dérapage est l’occasion de vivre à l’unisson de ces pilotes. Vous savez apprécier la façon dont telle ou telle pointure enquille ce passage si délicat. Ne faisiez-vous pas la même chose avant… 15km/h moins vite, il va de soi. Vous n’êtes pas seulement spectateur d’une course, vous la vivez et ce sont vos muscles qui souffrent, c’est votre poignet droit qui envoie les gaz, ce sont vos doigts qui saisissent violement le frein. Vous en arrivez à critiquer tel ou tel pilote qui ne saute pas cette fichue bosse ou qui ne prend pas la bonne trajectoire qui lui ferait pourtant gagner une bonne seconde par tour. Qu’il soit triple champion du monde ne compte évidemment pas. Pour le coup, vous êtes presque aussi fatigué que le pilote à la fin de la course !

En motocross, amateurs et professionnels vivent une proximité que l’on ne retrouve pas dans les disciplines de vitesse. Nous pilotons les mêmes machines (à quelques onéreux détails près), nous portons les mêmes protections, les mêmes fringues et nous pouvons rouler ensemble sur les mêmes pistes aux entrainements. Il est donc facile de s’identifier aux meilleurs pilotes mondiaux et c’est cette proximité qui donne ce caractère si particulier à notre passion. Quant aux motos, celles que l’on appelle « motos d’usines » car réservées à l’élite, elles sont en général déclinées l’année suivante en modèles de série, moto que n’importe qui pourra acheter (ou voler, si tu habites en ZUP…wesh cousin).

En cross, c’est avant tout le pilote qui fait la différence (en Formule 1, donnez la meilleure voiture à une chèvre, elle gagnera). Lors des « courses inter » (donc hors championnats), un bon pilote de niveau national peut ainsi se retrouver sur la même ligne de départ en compagnie d’un multiple champion du monde et pourra avoir la chance de se bagarrer avec lui. Peut-être même de progresser en pilotage, en étudiant de près ses trajectoires, sa façon de sauter, de freiner... Seul stress pour le pilote, éviter la bévue, la boulette, l’erreur de pilotage qui enverra au tapis le champion, au risque de le blesser et de ruiner sa saison. Ça c’est la honte absolue.

Alors, comme spectateur d’une course, cette proximité fait que lors d’une chute, vous pouvez juger sur l’instant de sa gravité. Je me souviens de ce Bercy il y a quelques années, où la salle emplie de cris et d’encouragements, agitée de drapeaux, les cornes de brumes hurlantes, devint en quelques secondes muette et tétanisée à la vue de la chute d’un pilote. Un pilote japonais de mémoire. 12 000 personnes, quasiment 12 000 pilotes en fait, savent sur l’instant que le pauvre gars ne remarcherait probablement plus jamais. Le public, d’un seul coup muet de stupeur, voit que sur la piste on prend mille précautions pour évacuer le blessé, avant de remettre en place les différentes protections sur la piste pour que les courses reprennent. Parce que oui, « the show must go on ». Tous savent, pilotes ou spectateurs, qu’il y a un prix à payer, que Sainte Gamelle réclame son dû de temps en temps. Le prix de la passion.

Le sacrifice des Princes de la moto

Le sport moto est une activité à haut risque depuis toujours. Entre les années 50 et 80, pour ne parler que de l’époque moderne de la vitesse moto, bien des pilotes succombèrent en piste. Parfois même plusieurs dans une même course, tels Renzo Pasolini et Jarno Saarinen à Monza en 1973. Christian Sarron, le « petit prince de la moto » à l’époque du « Continental Circus », racontait qu’à chaque départ il se demandait lequel de ses copains sur la grille de départ ne s’en sortirait pas vivant. Les français auront d’ailleurs payé un lourd tribu dans les années 80, quand ils commencèrent à devenir de sérieux compétiteurs au niveau mondial. Après Christian Ravel en 1971, ce sont Patrick Pons, Olivier Chevallier, Michel Rougerie, Christian Léon et quelques autres, qui tombèrent en course ou en essai. Il faut regarder le docu-film « le cheval de fer » de Pierre-William Glenn (1975), pour réaliser combien la mort rode et côtoie les pilotes. Patrick Pons déclara un jour à un journaliste qui prenait de ses nouvelles à l’issue d’une course, « je vais bien, je suis toujours vivant ». Pons, vrai titi parisien, devait d’ailleurs lui aussi tomber au champ d’honneur en 1980 sur la mythique piste de Daytona, l’année qui suivi son éclatante victoire sur la piste mythique de Floride.

Alors quand décède un champion comme Steven Lenoir, ou un amateur éclairé comme Florian Salles à Saint-Cyr-de-Salerne en avril dernier, pilotes actifs ou anciens pilotes, amateurs ou professionnels, tous sont durement affectés, comme on peut l’être dans une famille dont un des membres vient de partir. Nous sommes tous logés à la même enseigne, les prises de risques sont les mêmes, nos corps sont pareillement exposés, nos chutes sont les mêmes. Les blessures aussi.

Pourtant cette semaine, nous préparerons notre équipement pour être le beau sur la piste dimanche prochain, à défaut d’être le plus rapide.

13/06/2013

13 juin 2013 – Anniversaire de la disparition d’Eric Tabarly

tabarly

Le 13 juin 1998, Eric Tabarly cet immense marin, était englouti dans les flots de la mer d’Irlande après être tombé de nuit de son cher Pen Duick.

Une semaine plus tard, les eaux rendaient le corps de ce corsaire des courses au large.

Sachant les souffrances endurées à tenter de résister à la force qui entraine dans les profondeurs abyssales et glacées, s’est-il laissé couler tels les marins bretons d’antan qui refusaient d’apprendre à nager, pour ne pas prolonger d’inutiles souffrances ?

Tabarly était un héros, un héros français.

Il symbolisait la France, la Bretagne, la Royale.

A la maison, nous aimons nous rappeler qu’il vivait dans ces pierres de granit récupérées d’une ancienne demeure familiale, demeure que je n’ai jamais connue autrement que délabrée, sans toit, de hautes herbes envahissant un sol de terre battue. Une terre foulée par mes ancêtres du pays Pourlet, cette terre de chouans où selon une ancienne légende, les soldats du Roi ayant subtilisé une guillotine à ses sanguinaires propriétaires et l’ayant discrètement dissimulé dans un manoir de la région, la faisaient fonctionner pour ceux qui avaient un peu trop de zèle républicain et de sang sur les mains.

Au Paradis des marins, Tabarly doit tirer des bords avec Alain Colas sur Manureva, son ancien Pen Duick IV.

« Ah ! berce, berce, berce encore,
Berce pour la dernière fois,
Berce cet enfant qui t’adore,
Et qui depuis sa tendre aurore
N’a rêvé que l’onde et les bois ! »

Alphonse de Lamartine, Nouvelles méditations poétiques

18/02/2013

Nous sommes tous des « Serge Charnay » ! Soutien aux papas !

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Un père se retranche dans une grue du port de Nantes pour protester de sa privation de l’autorité parentale.

Au-delà du cas particulier de Serge Charnay, qui, aux dire de la partie adverse est un monstre ayant deux fois soustrait et caché son enfant, prétendument à cause d’une inégalité de traitement dans ses droits de visite, son action met en lumière le peu de cas que l’on accorde aux pères dans les cas de divorce.

Ces actions extrêmes enclenchées par des pères privés de droits de visite ou du simple contact avec leurs enfants est dramatique. Pour les pères en questions, mais également pour les enfants concernés. Que dans certains cas il faille écarter des enfants un père violent, alcoolique ou pédophile, cela semble tombe sous le sens, mais combien de pères auront à subir des accusations dénuées de fondement de la part de mères manipulatrices.

Au risque de s’attaquer au politiquement correct, qui donne aux mères le beau rôle dans la relation parents/enfants ("seules ces dernières savent élever les enfants, l’homme n’est qu’un géniteur"), il convient de savoir que celles-ci savent utiliser bien des armes pour soustraire de leur vie et de la vie de leur enfant, un homme qu’elles auront pourtant aimé : violences conjugales et inceste sont les guillotines sociales qui excluront définitivement le père. Généralement, elles utilisent la première arme, mais en cas d’échec, la seconde méthode a l’avantage d’être radicale. Comme généralement les enfants prétendument victimes ne sont pas suffisamment matures pour infirmer les terribles accusations, le père devient de facto un tortionnaire qu’il faut bannir, voire mieux encore, le détruire.

Oui, détruire, car ce père aura beau se défendre comme un beau diable, l’ombre du soupçon pèsera toujours sur lui. Sauf conditions particulières (faute avérée et reconnue de la mère, par exemple), un père dans cette situation-là, verra sa vie brisée. Il faudra beaucoup de ténacité, de chance et compter sur la Providence pour s’en relever indemne.

Et quand on sait que la grande majorité des Juges des Affaires Familiales sont des femmes, on peut également et légitimement douter de l’impartialité de l’Institution.

Il ne faut pas s’arrêter au cas particulier de Charnay pour redonner de la visibilité à ce dossier, car nous n’en connaissons rien, la parole de la partie adverse ne valant pas plus que la sienne. Mais des centaines de pères privés injustement de leurs enfants sont dans les plus grandes souffrances, certains ne reverront jamais leurs petits, escamotés par la mère et manipulés pendant l’enfance. Adolescent ou adultes, ils ne voudront plus jamais revoir ce père si complaisamment dénigré par une mère aveuglée par la haine.

Paradoxal néanmoins, dans la mesure où on demandait depuis 20 ans à ces hommes de devenir des mamans en second, sachant langer, nourrir et donner le bain à leur progéniture. Une de mes relations, avocate de la famille, conseillait maintenant aux jeunes pères de ne surtout plus rester seuls avec des enfants en bas âge, sous peine de risquer de gros ennuis. Le syndrome de l’ascenseur aux « States », qui interdit de fait à un homme d’y monter si une femme y est déjà présente.

Soutenir le combat de Serge Charnay, encore une fois au-delà de son propre cas, c’est soutenir l’équilibre si fragile de nos enfants qui ont besoin d’un père et d’une mère. Voilà qui fait aussi résonnance aux tous derniers combats contre le mariage pour tous. 

Nous sommes tous des « Serge Charnay » ! Soutien aux papas !

A toutes fins utile, le site de SOS PAPAS : http://www.sospapa.net/

03/09/2012

Championnat du monde de canne de combat à Saint Herblain

Dans la légendaire histoire des camelots du roi, la canne est indissociable des bagarres de rues et des combats que les royalistes de l’Action française durent mener pour la défense de leurs idées et préparer le retour du Roi.

« Une canne dans la main et dans la poche un bon livre », écrivait Henri Lagrange, histoire de mettre en pratique « la violence au service de la raison ».

La canne idéale sera donc plombée, histoire de faire pénétrer l’empirisme organisateur dans les têtes molles et les cerveaux embrumés des démocrates et des antinationaux de tout poil.

Argument frappant au service du « penser clair » et du « marcher droit », la canne permettait également de différencier l’élégant royaliste (forcément élégant !), du démocrate déguenillé, le muscadin moderne du sans-culotte ou le chouan urbain et distingué du bolchévique vulgaire (vulgaire, forcément…). L’élégance au service de la raison, en somme.

Détenteur d’un exemplaire acheté chez un artisan parisien du passage Jouffroy, ma première badine n’aura pas survécu à une échauffourée oubliée parmi les nombreuses péripéties qui agrémentaient nos mercredis estudiantins. La seconde aura également vécu différents raout participatifs (manifs, contre-manifs, Jeanne d’Arc, moult braderies de Lille,…) et égaye maintenant les murs de ma gentilhommière plus sûrement que de fausses épées médiévales estampillées « made in Yunnan ». Elle a une histoire à raconter, histoire que je narre à mes enfants un verre de chouchen millésimé à la main, lors des longues soirées de nos hivers bretons. Autour de l’âtre familial où brûle un feu chatoyant, je conte la geste héroïque et légendaire…suite du texte supprimé (NDR : j’avais dit court l’article, saperlipopette ! Peut pas s’en empêcher, çuilà…).

Etrangement, le retour au pouvoir de la gôche honnie semble lui rendre sa vigueur passée et pour un peu, elle se décrocherait toute seule de son socle, tel un balai volant dans un tournoi de Quidditch à Poudlard. Une envie soudaine de botter de nouveau le fondement des progressistes actuellement au pouvoir ? Ce ne sera hélas pas aussi simple qu’au temps béni des Lacour et autres Real Del Sarte.

Malgré les efforts notables de la « Génération Maurras » pour remettre à l’honneur le bâton des camelots, il y a trente ans de cela, le port de la canne n’est toujours pas un accessoire courant dans nos rues. Déambuler de nos jours avec ce noble appendice vaudrait, à tout le moins, un coup d’œil suspicieux de la part « d’adjoints de sécurité-cadets de la république » issus du bled de la diversité visible (ou de la minorité citoyenne, je ne sais plus…). Plus sûrement, cela vaudrait une mise aux fers dans les geôles de la république pour port d’arme et incitation à l’insurrection armée, pour peu que vous ayez envisagé de charger le premier peloton de CRS venu au cri de « Rembarre ! Rembarre ! ». Il faudrait également compter sur les regards médusés des masses laborieuses qui ne comprendraient pas ce qui peut pousser un fringuant jeune homme à la mâchoire volontaire et au regard azuréen fixé vers un avenir royal, de se doter d’un accessoire manifestement destiné à sécuriser la marche de barbons poly-arthritiques.

De quoi hésiter donc avant de flâner fièrement sur les grands boulevards, la noble cravache à la main. Cela serait pourtant bien plus audacieux et seyant que le port d’une crête multicolore dans le l'East End londonien ou s’accoutrer d’un ensemble « casquette-short moulant en cuir et moustaches Freddie Mercurienne » dans le Marais. « O tempora, O mores ».

L’objet fait heureusement toujours recette sportivement parlant et comme arme de combat (tiens, tiens…on y revient). D’où cette publicité pour ce prochain championnat du monde de canne de combat se déroulant à Saint-Herblain (44), les 22 & 23 septembre prochain (complexe sportif du Vigneau). Vous rencontrerez très certainement votre serviteur venu faire un petit rappel de technique d’assaut (brisé, latéral extérieur, croisé tête, croisés bas, coups de bout et autres coups de talon). Histoire d’affuter sa rentrée militante...

canne

Extrait de l’historique de la canne de combat écrit par l'association "La savate Herblinoise" :

L’historique de la canne de combat

DES ORIGINES....

La canne, dont l’histoire se confond avec celle du bâton, reste une des armes les plus anciennes de l’humanité. La plupart des civilisations de l’antiquité l’enseignaient. On trouve d’ailleurs des traces de combats de canne dans les bas-reliefs égyptiens.

La Canne de Combat puise ses origines dans la tradition populaire. Charlemagne l’officialisera afin de remplacer l’épée dans les duels. On retrouve encore la Canne et le Bâton dans les jacqueries du Moyen-âge et plus tard chez les chouans.

Citer les Compagnons du Tour de France paraît incontournable car ils furent probablement les meilleurs promoteurs de ce noble sport, la canne restant leur arme traditionnelle dès le XVème siècle.

…À SA CODIFICATION…

Le XIXème siècle voit donc apparaître les précurseurs qui ont posé les principes de l’enseignement de la canne et du bâton. Les bases de ces pratiques sont en partie liées à celles de la savate et de l’escrime car les maîtres enseignaient aussi ces disciplines dans les mêmes salles. L’histoire retient les noms de Larribeau, Leboucher, Lecour, Trencart, Jacou, Loze, Foucart, Vigneron et Charlemont. Peu d’entre eux ont formalisé leur enseignement. Toutefois deux auteurs peuvent être considérés comme les fondateurs des pratiques actuelles : Leboucher et Charlemont.

De 1830 à 1920, c’est « l'âge d’or de la canne ». Celle-ci demeure un accessoire vestimentaire, inséparable de la tenue du bourgeois et de l’aristocrate, mais elle devient aussi une arme de défense personnelle. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières formalisations des techniques de combat de canne et de bâton. La pratique de la canne se développe dans les « salles d’armes », parallèlement à l’escrime et à la savate, tandis que le bâton demeure une pratique militaire dont l’enseignement comme gymnastique est formalisé à l’École de Joinville. (1852-1939). L’armée délivre les premiers brevets d’enseignement qui autorisent leurs possesseurs à être instructeurs, prévôts ou maîtres dans les unités militaires puis, ultérieurement, dans les écoles publiques et les lycées.

La Deuxième Guerre Mondiale fait passer ce noble art dans l’oubli pendant près de 40 ans, si ce n’est quelques passionnés qui permirent à la Canne et au Bâton de retrouver sa place, telles la lutte parisienne et la Boxe Française dans le patrimoine culturel.

LA RENAISSANCE DE LA CANNE DE COMBAT....

Il faut attendre les années 1970-1980 pour voir apparaître le renouveau de la canne, oeuvre de Maurice SARRY mais aussi de Bernard PLASAIT. La pratique de la canne prend à cette époque une orientation sportive. Son développement est lié à celui de la Boxe Française-Savate à partir de 1965. Cette année-là se constitue le CNBF, réunissant les membres des commissions de boxe française et de canne de la FFB. L’orientation sportive trouve sa consécration lors des premiers Championnats de France en 1980.

A partir de 1977 sont apparues les prémices du CNCCB (comité national de canne de combat et bâton) qui sera officiellement reconnu en 1983. La création du Comité National a permis une accélération du développement de la canne et du bâton, il demeure l’élément moteur du développement autour duquel se sont greffées toutes les actions, fédérales ou non, ces dernières ayant toujours respecté la ligne de conduite définie au niveau national.

12/07/2012

Adieu cher compagnon

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« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. » Albert Schweitzer

 

Adieu cher compagnon,

Qui un soir de juin, parmi d’autres, m’as choisi.

J’ignorais qu’après quinze années de tendre collusion,

Qu’un autre matin de juin, dans mes bras, tu serais parti.

 

Adieu cher compagnon,

Cher compère des instants joyeux.

Adieu joyeux drille, adieu gai luron,

Illuminant ma vie et celle de trois gamins facétieux.

 

Adieu cher compagnon,

Tendre réconfort des temps de tristesse.

Consolant, ronronnant quand tout était désolation,

Tu soulageais la peine de ton maître, au plus profond de sa détresse.

 

Adieu cher compagnon,

Ton absence nous brise le cœur.

Resté ici bas, je pleure mon vieux chaton,

Mais un jour, dans un monde que je sais meilleur,

 

Mon cher compagnon, je te reverrai.

Soudarded. 2012

 

23/10/2011

Requiescat in pace: Marco Simoncelli

simoncelli

Il y a des jours funestes, tellement sombres que même un soleil d’octobre ne suffit plus pour consoler l’âme et réchauffer le coeur. Et les dimanches ne font pas exception.

J’avais prévu aujourd’hui de m’octroyer un petit déjeuner de fête, la tête tournée vers mon écran de télé dès sept heures du matin afin d’assouvir ma passion pour la course moto, oublier pour un temps la clique politicienne française qui nous sert de syndic de faillite et qui se sert d’une une milice armée pour martyriser nos camarades (voir : « les brutalités policières contre l’AF »).

Avant une finale France-All Blacks de rugby pleine de promesses, la fête sur deux roues pouvait commencer : un français, Johann Zarco, mettant le feu sur la piste de Sepang en 125cc, afin de mettre la pression sur son adversaire Nico Terol et retarder un sacre mondial promis à l’espagnol. La catégorie moto2 suivait, avec son festival de glisses des deux roues en entrée de virage et des pilotes allant au bout de leurs forces sous les 50° de la piste malaise. Les seigneurs de la catégorie motoGP pouvaient alors entrer en piste, avec le double champion du monde Casey Stoner, Valentino Rossi et ses neuf titres mondiaux ou notre Randy de Puniet national, dernier rejeton d’une vieille famille de petite noblesse et playboy du paddock.

La fête n’aura hélas pas duré longtemps.

La Grande Faucheuse avait décidé de prélever sa sinistre et sanglante dîme, en désignant le prometteur Marco Simoncelli, espoir de la vitesse italienne et probable prétendant au titre mondial en 2012. Chutant en sortie de virage dès le deuxième tour, il est alors percuté par l’américain Nicky Hayden et par son ami, son idole, Valentino Rossi. Ces derniers ne purent absolument rien pour éviter le pilote Honda. Des motos pulvérisées, un casque arraché sous la violence du choc, un corps qui glisse et roule sur le bitume tel un pantin désarticulé, nous savons déjà que le pire est arrivé et que si le pilote survit à ce choc, ce sera au prix de lésions irréparables à la tête et aux vertèbres.

Drapeau rouge, arrêt de la course, visages défaits et blêmes des acteurs du Continental Circus, voix étranglée et bientôt les larmes en direct du pilote régis Laconi, commentateur pour Eurosport, lui qui en 2009, échappa de peu en course à la paralysie totale et qui sait que le pire est arrivé. Nous qui sommes passionnés de la course moto, nous pensons à ce moment à Jarno Saarinen et Renzo Pasolini, tués ensemble à Monza en 1973, à Patrick Pons fauché à Silverstone en 1980, à Michel Rougerie foudroyé à Rijeka en 1981, tous morts dans des circonstances analogues, percutés par des adversaires qui ne purent les éviter. Telle est la loi, la dure loi de ce sport de Seigneurs.

Aujourd’hui, la belle défaite des rugbymen français en Nouvelle-Zélande m’indiffère. Un artiste, un funambule, un guerrier s’en est allé au Paradis des motards rejoindre les Shoya Tomizawa, Christian Léon, Graig Jones, Michel Frutschi, Mike Hailwood, Olivier Chevallier, Bill Ivy, Daijiro Katoh, Santiago Herrero, Ivan Palazzese et autres Christian Ravel. Nous ne verrons plus sa grande carcasse arpenter les paddocks, ni son imposante tignasse qu’il arrivait néanmoins à caser dans son casque. Il était redouté par ses concurrents, car c’était un batailleur qui n’aimait rien d’autre que l’arsouille à 250 km/h, carénage contre carénage, freiner au-delà de la limite et martyriser ses pneus par de grandes glissades à l’accélération. Ceux qui sur la piste le craignaient, le critiquaient parfois aussi pour son audace et sa folle témérité, déjà le regrettent. Son comportement, son panache, son franc-parler, donnaient à notre sport sa flamboyance et l’empêchaient de devenir aseptisé comme la Formule 1 peut l’être. C’était une vivante incarnation du Joe Bar Team1 à lui seul.

Le sport moto, motoGP, Superbike, motocross confondus, est une discipline où le risque sera toujours présent et la Mort en embuscade. Les Princes de la moto, à force de la tutoyer sur les circuits, parfois l’étreignent et l’embrassent. A se demander comment certains, comme Giacomo Agostini, Phil Read ou John Surtees, ont pu échapper à la sinistre Dame à la faux. Ils coulent aujourd’hui des jours heureux, se demandant peut-être pourquoi la camarde les aura épargné dans cette grande loterie.

Quand à l’ami de Marco Simoncelli, le modèle, l’idole Valentino Rossi, l’homme aux neuf titres mondiaux, l’homme de tous les records, lui qui fut impliqué dans cette atroce tragédie aujourd’hui, pourra t’il seulement se relever de cette disparition ? Au crépuscule d’une saison noire pour un champion de sa trempe, victime d’une moto peu compétitive cette année, le champion aura-t-il les ressources mentales pour se battre à nouveau pour une couronne ? L’accident de Sepang ce 23 octobre aura peut-être fait une autre victime.

 

(1) Joe Bar Team : bande dessinée motarde mythique